entretien d'explicitation

Publié le par crabie

Association des maîtres E de la Haute Garonne


Compte-rendu de la réunion de travail du 5 juin 2008


(Ecole Danton Cazelle à Castanet )

 

Présents : I. Kersuzan, S. Barège, C. Dazard, M. Dupin, A. Tosi, A.-L. Rampillon, C. Lajaunie, V. Dauviau, M.-C. Schnyder, M. Régis, M. Calvet, I. Joudiou, C. Lavergne, M. Laburthe, L. Jordaney, P. Darquie, P.-Y. Serradeil, C. Dessaux, I. Bruel, C. Ripol, J. Aguilar, J.-P. Crabié

           

1.       Questions diverses  et quelques dates :

- Colloque FNAME : Mémoire et conceptualisation, 23 et 24 octobre à Chatellerault, il semblerait que nous soyons nombreux (de l’AME 31) à y  participer, aussi pouvons-nous envisager de nous organiser pour l’hébergement et le covoiturage.

- Prochaine et dernière rencontre AME pour l’année scolaire : mardi 1er juillet 18h (lieu à définir), présentation des mémoires CAPA-SH, à ce propos nous félicitons les collègues  qui ont validé et encourageons ceux qui ne sont pas encore passés.

- Repas de fin d’année des adhérents AME 31 : mardi 1er juillet lieu à définir, faire des propositions    
          

                              2. L’entretien d’explicitation :

Exposé de Florence Savournin, Isabelle et Philippe d’après la lecture de  P. Vermersch

(L’entretien d’explicitation, ESF, 2003) et le témoignage de leur pratique. Merci à tous les trois.              

 

1) Définition et intérêt

La spécificité de l’entretien d’explicitation par rapport à d’autres types d’entretiens, est de viser la verbalisation de l’action. C’est un entretien entre un professionnel et un usager, qui a pour but de  faire verbaliser une action particulière et passée. L’action est considérée comme une connaissance autonome qui contient une part de savoir-faire en action non consciente, implicite. L’entretien d’explicitation permet d’expliciter l’implicite.

 L’intérêt de cette pratique repose sur la connaissance du déroulement de l’exécution d’une tâche  pour analyser les difficultés d’apprentissage, les causes d’erreur, la réussite, l’expertise.

Il s’agit, dans l’entretien d’explicitation, de mettre à jour ce qui reste implicite (non conscient) dans l’action, c’est une mise à jour de ce qui fonctionne ou pas.

 

2) Les principes clefs

      La spécificité de l’entretien d’explicitation est donc de viser la verbalisation de l’action (et non pas d’une émotion)

      Verbaliser une action n’est pas spontanée : on a tendance à juger, commenter, décrire…et nécessite donc une médiation

      L’entretien d’explicitation suppose un renversement d’attitude : d’une position où l’on est le seul détenteur du savoir, on l’échange pour une position centrée sur l’élève. Seul, l’élève peut fournir les informations, car lui seul sait.


3)
L’entretien d’explicitation, dans quels buts?

S’informer

S’informer : analyse d’erreurs, expertise, recherche

       Mettre  à jour des conduites spécifiques à une tâche particulière

      La verbalisation se rapporte à une tâche particulière (exercice, évaluation) pour obtenir des informations qui permettront par la suite de mettre en place une action pédagogique adaptée

      Le critère d’arrêt du questionnement est propre à l’interviewer ( il s’arrête quand celui-ci a compris ce qui a fait difficulté pour l’élève)

Exemple : analyse évaluations, entretien « médial  »

 

Mettre à jour les démarches

Il s’agit d’aider l’élève à faire l’expérience du fonctionnement de sa propre pensée (on est là dans la remédiation) :

- il en a une (pensée)

- il peut la connaître

- elle peut être partagée par la parole

- elle n’est pas la même chez chacun

- elle peut être source d’erreur

- on peut la modifier (souplesse de la pensée, important chez les enfants en difficultés,)  en tirant parti de la manière dont d’autres procèdent

Exemples : ateliers de raisonnement logique, PEI, Planchon…

                  Questionner jusqu’à ce que l’élève lui-même mette en mot la nature de sa difficulté ou de son erreur, mais aussi de ses réussites.

 

 Apprendre à apprendre

Pédagogie du fonctionnement métacognitif

Il s’agit de viser la connaissance du comment j’apprends

Ce niveau est le plus riche en possibilités de transfert puisqu’il porte sur un aspect de méthode

- « comment je m’y prends, concrètement, pour apprendre? »

- « Comment je sais que je sais? »

 

4) L’entretien d’explicitation vise la verbalisation du vécu de l’action effective et non affective

      Le médiateur, lorsqu’il conduit un entretien, doit savoir identifier de quel domaine de verbalisation relève ce que dit l’élève.

      Il doit en conséquence adapter ses relances, reformulations en fonction de ce qu’il souhaite encourager ou non, solliciter vers un domaine ou un autre.

      Il faudra ici canaliser l’enfant vers ce domaine de verbalisation particulier qu’est l’action.


Cette technique est centrée sur l’action et non pas sur l’émotion

La verbalisation du vécu de l’action effective se distingue d’autres verbalisation de vécu :
La verbalisation du vécu émotionnel (Rogers : technique centrée sur la personne et vise la dimension émotionnelle du vécu)

La verbalisation du vécu sensoriel (l’attention est portée sur les sensations vécues du corps, mécanisme de mémoire concrète, peut faciliter l’accès à l’évocation de l’action)

La verbalisation du vécu de la pensée ou évocation d’images mentales

Cette  verbalisation du vécu de la pensée demande des relances particulières : « qu’est-ce que tu fais dans ta tête? », « Comment tu sais que tu sais? »

Mais ces verbalisations ne suffisent pas à décrire les différentes facettes du vécu de l’action

La verbalisation du vécu de l’action

       La verbalisation de l’action concerne donc un aspect seulement de la globalité de ce qui est vécu (émotionnel, sensoriel, pensée ne sont pas visés)

       La verbalisation doit porter sur une tâche réelle et spécifique (qui a déjà été réalisée)

       Le faire doit être verbalisé avec les mots de l’enfant  lui même (ne pas lui prêter les mots pour l’aider à verbaliser)

       Le vécu de l’action concerne la succession des actions , qui peuvent être diverses, que le sujet met en œuvre pour atteindre un but

       Ces actions peuvent être décrites suivant les fonctions qu’elles occupent dans le déroulement : action de prise d’info, d’identification, de réalisation…

       Dans l’entretien le médiateur doit savoir se dégager des éléments du contexte pour se focaliser sur l’action elle même c’est à dire le procédural, les savoirs pratiques et le déroulements des actions.

 

5) Principes de mise en oeuvre de l’entretien d’explicitation

Quand mettre en œuvre l’entretien d’explicitation?

- Ponctuellement (dans le groupe,)

- Dans une groupe de remédiation

- En entretien individuel d’information (bilan…)

Comment initialiser l’entretien?

- réfléchir à la formulation de la consigne (induction de la réponse)

- « ça m’intéresse de savoir comment tu as fait pour… » Questionnement descriptif

- Est-ce que tu veux bien que je te pose des questions? Ça pourra t’aider aussi à comprendre comment tu as fait » questionnement informatif

 

Comment accompagner la description de l’action ?

-  Le questionnement descriptif

                        - encourager l’expression du déroulement temporel de l’action

                        - encourager la description de prise d’information

- Reformuler

- Relancer            

 
La réunion est levée à 20H30       

La secrétaire, Catherine Lavergne

Publié dans Compte-rendu

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