Tribunal populaire pour l’école (déroulement, photos et vidéo)


 

 


 On se prépare, on se maquille..

 

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Jocelyne présente le travail et c’est parti !

 

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Arrivée du tribunal, l’huissier, le procureur et le juge :

 

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La partie civile entre bruyamment et prend place :

 

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Le tribunal s’installe pour la lecture du pamphlet.

Mais il manque... L’avocat de la défense, qui se désiste par téléphone. Qui, parmi le public, osera assurer ce rôle ?

 

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La greffière peine à tirer les dossiers et les plaintes constituant les charges contre les Ministres de l’Education Nationale : pétitions, témoignages, lettres de soutien aux enseignants désobéisseurs, etc...

 

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Les accusés, Ministres de l’Education Nationale, Dark et Chart, entrent sous les huées de la foule et sur une musique de Lully, « le bourgeois gentilhomme »

 

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Transformation du pupitre en trône...

Et nous assistons à la reconstitution d’un entretien entre le Ministre et le Président, en 2008, au Palais...

 

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LE PRESIDENT ET LE MINISTRE

(pamphlet)


LE PRESIDENT

Entrez-donc mon ami et venez prendre place

Afin de me conter ce qui vous embarrasse

La réforme est lancée, elle avance à grands pas

Mais je vois bien qu’à tous celle-ci ne plait pas.

Aussi voudrais-je entendre de votre propre bouche

Pourquoi les enseignants prennent ainsi la mouche.

 

LE MINISTRE

Mon bienfaiteur et Prince ne vous alarmez point

Voyez comme en ces temps je sais rester serein.

J’ai fait ce qu’il fallait et fait preuve d’audace

 

LE PRESIDENT

Allez contez moi donc je ne tiens plus en place !

 

LE MINISTRE

J’ai d’abord pour vous plaire modifié les programmes

Pour faire des élèves des besogneux sans âme.

Ils se feront gaver du matin jusqu'au soir

Et n’auront plus de sens à donner au savoir ;

Voilà qui nous fera des citoyens dociles

Qui ne s’attacheront qu’à des choses futiles.

 

LE PRESIDENT

Fort bien, les programmes sont un bel artifice

Pour manœuvrer les gens non sans quelque malice.

Voyez ce que je fis pour prendre le pouvoir

Promettant des réformes, n’en disant que très peu,

Pour qu’une fois reçu l’aval des isoloirs

Je puisse me sentir libre et faire ce que je veux !

Mais veuillez donc poursuivre votre plan de disgrâce

Car je veux tout savoir !

 

LE MINISTRE

Voilà ce qui se passe :

Je commence par rayer en trois ans les RASED

Et pour tromper les gens sur le maintien de l’aide

Je laisse aux enseignants l’entière liberté

De s’occuper tous seuls de la difficulté.

Ils auront pour cela comme unique bagage

La chance de pouvoir faire quelques journées de stage !

J’ai enlevé deux heures d’école par semaine

Mais évidemment pas pour ceux qui mal apprennent :

On dit la journée de trop longue durée

Qu’il faudrait réformer notre calendrier

Et moi je vous dis qu’il en faut d’avantage

Et qu’il faut les forcer même jusqu’au gavage !

 

LE PRESIDENT

C’est à n’en point douter une idée fort plaisante,

Le mérite sera la seule valeur payante !

 

LE MINISTRE

Pour ceux qui veulent apprendre de maître le métier

Je les envoie le faire à l’université.

Voyez l’inanité d’une bonne formation

Nous qui n’avons besoin que d’agents et de pions !

Cela vous plait-il ?

 

LE PRESIDENT

Assurément je pense,

Mon humeur est ravie et elle est d’importance

Car c’est elle qui règle le cours de mes pensées

Qui font toujours écho à l’actualité.

Mon caprice me met dans des emportements,

J’ai des mots qui ne sont plus ceux d’un Président,

Je flatte ce qu’il faut des instincts les plus bas,

Parle plus en mon nom qu’en tant que chef d’état,

Sur toutes mes idées je veux qu’on légifère

Et ne supporte pas qu’on m’empêche de le faire.

Des médias je me sers et grâce à mon emprise

Ils me suivent au mieux dans toutes mes entreprises,

Enfin, si j’utilise les services de la presse

C’est parce qu’aux yeux de tous il faut que je paraisse.

Mais contez-moi encore votre train de mesures.

 

LE MINISTRE

De l’école en danger j’augmente la fêlure :

Il existe des classes que l’Europe nous envie

Accueillant les plus jeunes des enfants du pays.

Il serait opportun de les faire disparaître

Pour affecter ailleurs ce réservoir de maîtres

Qui ne font de leur temps que des couches changer

Et ne connaissent point les joies de la dictée.

Des enseignants en moins réduiraient nos dépenses

Et il n’y aurait plus de maternelles en France !

Afin de remplacer les absences des maîtres

Avec tous ceux qui veulent, une agence va naître.

Si celui qui remplace se trouve être plombier,

La chaudière de l’école il pourra réparer,

S’il est mécanicien et connait son affaire

Les voitures des collègues il pourra bien refaire,

Et si par de la chance il se trouve enseignant

Il pourra prendre en charge d’une classe les enfants !

 

E PRESIDENT

Je reconnais bien là votre astuce admirable

Et votre esprit retors qui ne se sent coupable !

Cette école qui veut faire des citoyens

Il faut qu’à l’avenir elle n’en fasse rien !

Œuvrez donc mon ami, la tâche n’est pas mince

Car c’est l’éducation qui menace les Princes !!!!

Laurent Guionie janvier 2009


 

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« Nous ne parlerons qu’en présence de notre avocat... »

La lecture des chefs d’accusation est faite par le procureur :

 

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" Vous êtes accusés

d’incompétence par méconnaissance du terrain, de mépris et de non-respect du métier d’enseignant, de refus total de concertation, de défiance envers les enseignants, de défaillance envers la formation professionnelle, de désinformation, mensonges et propagande, de détournement de fonds publics et de non-assistance à personne en danger."

 

• Sketch sur la course aux programmes  


 

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L’expert témoigne et la greffière note encore

 

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On assiste ensuite à la reconstitution de deux séances d’aide personnalisée, afin de mieux comprendre ce que cela donne après une journée de classe et que cela ne peut aider des enfants qui ont besoin de rééducation.

 

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La représentante des parents d’élèves, la psychologue et l’experte sont appelées à la barre

 

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 Les ministres se défendent avec leurs petites phrases habituelles :

« il faut lutter contre l’échec scolaire !»

 

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Puis est donnée lecture d’extraits de témoignages de parents, d’enseignants, d’élèves sur les bénéfices de l’aide apportées par les enseignants des Rased, et sur la colère et l’incompréhension à l’annonce de leur disparition.

 

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La psychologue apporte son expertise au sujet de la nécessaire confiance en soi pour réussir, et déplore la disparition des enseignants spécialisés (en septembre 2012, réduire les rased à un maître E et un maître G par circonscription revient à supprimer les rased) .

 


• Sketch sur la plateforme téléphonique Rased

(imaginons septembre 2012...)

« Expert de la difficulté, bonjour, que puis-je pour votre service ? »


 

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• Enfin, c’est l’heure de la délibération 

 

en attendant, sur l’écran, on peut lire quelques phrases des ministres, puis quelques chiffres :

Quelques phrases des ministres :


« Il faut lutter contre l’échec scolaire » 2008

« ce gouvernement fait mieux : il fait de l’aide per-son-na-li-sée, après l’école

« On ne le répètera jamais assez : il faut revenir aux fondamentaux » février 2008

« Il faut améliorer la fluidité des parcours scolaires des élèves. » directives mars 2010

« Nous n’allons pas supprimer les RASED nous allons les sé-den-ta-ri-ser » octobre 2008

"Est-ce qu'il est vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits délégués par l'Etat, que nous fassions passer des concours bac +5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants ou de leur changer les couches ?" 3 juillet devant la commission des finances du Sénat

« il faut revaloriser le métier d’enseignants »

« Il faut que les enseignants gagnent plus » 2009

« la grève c’est démodé » 20 novembre 2008

« Il faut maintenir les suppressions de postes mais il faut que les professeurs travaillent plus »

« Il faut former les professeurs... » décembre 2011

« c’est toujours pareil ; vous parlez toujours des suppressions de postes !!! Il n’est pas démontré que la taille des classes ait un effet probant sur la réussite des élèves » 7 mars 2012, débat à l’assemblée

« Nous allons passer de l'école pour tous à la réussite pour chacun » sept 2011 conférence de presse

 

Quelques chiffres :


- De 2007 à 2012 : 66000 suppressions de postes.

- 1400 classes supprimées dans le primaire en 2011,

- 1400 suppressions en 2012

- 2500 postes de rased supprimés en 2008, 2500 en 2012 : 5000 en 4 ans

- Un enseignant rased suivait en moyenne 50 élèves en difficulté

- Quelques 250000 enfants en difficulté ne pourront plus bénéficier d’une aide spécialisée à l’école

- En septembre 2012 : un enseignant Rased pour 50 écoles en moyenne.


 

 

 

Et toujours l’appel à se rassembler, à lutter contre la casse de l’école.

 

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Le verdict ne fait plus aucun doute : c’est la condamnation des ministres.

 

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• Le verdict

 

Messieurs, le Tribunal Populaire pour l’Ecole vous condamne :

A lire toutes les lettres envoyées par les enseignants, parents, pédagogues, psychologues, élus, etc...

A enseigner en classe, là où le manque d’encadrement a eu des conséquences dramatiques...

A mener l’aide personnalisée pour les enfants qui ne pourront plus bénéficier de l’aide des Rased...

A inscrire leurs enfants et petits enfants à l’école publique pour montrer l’exemple...

A se soigner, notamment sur la pathologie de mensonge invétéré et d’indifférence à la souffrance d’autrui, au centre de soin réservé aux enseignants en dépression...

En réparation, les prochains ministres devront :

Concerter les enseignants et les personnes compétentes en matière de sciences de l’éducation,

S’intéresser aux modèles qui fonctionnent, Interroger la recherche sur les méthodes qui épanouissent les élèves et leur donnent envie d’apprendre,

Rétablir les postes de Rased et donner des moyens similaires aux collèges,

Rétablir la formation pratique des maîtres,

Réfléchir au coût de l’école autrement.

Quelles seraient les conséquences pour une société, d’une école à l’abandon ?

 

LA SEANCE EST LEVEE !

 

 

 

Sur un petit air d’accordéon, c’est le salut final Et des remerciements pour les concepteurs, les écrivains, ceux qui ont porté le projet et aidé à la mise en scène, les techniciens du son, de l’informatique, des lumières....ceux qui ont filmé, pris des photos, monté les images.

 

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 Un bravo à Anne-Loup pour l'articulation déroulement / photos.


 

 

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